Dans les commerces
Un sentiment d'impuissance
Mercredi 8 mai, neuf jours avant l'expulsion
« 32 ans que je travaille à la gare. D’abord dans la bijouterie, et ici, dans la sandwicherie, depuis 17 ans. Si ça continue comme ça, je vais rendre ma concession à la STIB »
D’après Carlo Esposito, depuis l’arrivée des exilés à la gare il y a trois ans, les problèmes n’ont pas cessé. En discutant avec lui, on sent un ras-le-bol. Dans ses explications, la colère prend le dessus : « ils sont mieux lotis que nous ! À tel point que des vêtements traînent dans la gare... Je pense qu’ils soient aidés par l’Etat. Ils ont toujours plein d’argent dans les mains. Mais ils n’achètent rien ! On les nourrit tellement… Ils boivent dans la gare, fument des joints… Ils embêtent les filles, les suivent aux toilettes. Ils font la loi dans un espace public ». Les commerçants auxquels nous avons parlé sont unanimes : ils se sentent livrés à eux-mêmes, d'autant que les clients s'attardent moins dans la gare. Et ils en voient les effets sur leur chiffre d’affaires.
Mercredi 8 mai, neuf jours avant l'expulsion
« Il y a un manque cruel de policiers… Ils sont beaucoup moins qu’avant. Bruxelles, c’est devenu la poubelle. On ramène les personnes de Bruges ici, d’Anvers et on les met toutes à la gare du Nord. Ce n’est pas une solution ! Il faut une politique claire de l’État. La saleté, en bas, au niveau zéro, c’est de la faute du fédéral ! Rien n’est fait, et c’est nous qui en payons le prix. »
Dernièrement, De Lijn a fait déplacer ses arrêts de bus de la gare parce que des cas de gale, de tuberculose et de malaria étaient rapportés. Qu’en pense le pharmacien ? « Pour moi, ce n’est pas vrai. Ça m’étonne un peu. Il y a peut-être une possibilité qu’une personne ait la tuberculose, mais c’est tout. Évidemment, cela fait peur aux gens. Beaucoup de commerçants, de gens qui travaillent dans le coin viennent me demander des médicaments contre ce genre de maladie. C’est compréhensible. »
